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L’ordre naturel des choses

L’ordre naturel des choses, par António  Lobo Antunes
Auteur : António Lobo Antunes
Editeur : Seuil
Nombre de pages :
Date de parution :
Langue : Français
Prix : 7,10 €
ISBN :
Disponibilité : En stock En stock

« Le roman se compose de cinq livres, où se succèdent les voix d'êtres malades, misérables ou fous. Successions de monologues intérieurs en forme de dialogue où le "tu" renvoie souvent à une absente quand ce n'est pas la forme ultime du repli sur soi. Des voix qui courent simultanément sur plusieurs niveaux, souvenirs et rêves mêlés à cette pâte sonore qui s'écoule, qui roule des images du passé, magnifiées, des désirs impossibles. […] Les déchirures des corps révèlent les failles des âmes et la défaillance des hommes illustre celle de tout un pays. […] Le romancier déterre donc toutes les hontes d'un peuple qui s'est souillé de son propre sang en Angola, d'un peuple qui n'hésita pas à torturer ses enfants comme Jorge, officier accusé de complot auquel on applique des électrodes : "le premier homme a appuyé sur un bouton et mon corps s'est étiré, mes dents ont pétaradé, ma tête a volé loin de mon cou, mon coeur, rempli d'hélium s'est arrêté avant de recommencer à fonctionner" scène terrible, bouleversante au cours de laquelle Jorge va s'accrocher comme un désespéré à des scènes de son enfance. On pourrait faire une lecture allégorique du roman, avec par exemple cette histoire d'adultère qui condamne une fille illégitime à vivre enfermée jour et nuit dans le grenier de la maison parce qu'elle symbolise toute la honte du père impuissant et cocufié. Avec aussi cette obsession des oiseaux qui jouent les espions aux fenêtres de ceux qui ont quelque chose à cacher. Avec le Tage, fleuve monstre qui gronde dans la ville. Avec aussi cette étrange histoire de canalisation percée : "un jaillissement d'excréments, de détritus et d'urine est monté des intestins de la rue, éclaboussant les toits, les cheminées, les balcons, les dahlias des maisons et se répandant dans la Quinta do Jacinto en un torrent de lave qui a poussé vers le Tage la camionnette du boucher, la bétonneuse d'un chantier, les chaises du café (...)". Image même de ce roman, avec cette langue qui, comme une traînée de lave, évacue toutes les obsessions, toute la part sombre des hommes, avec à la fois la nécessité de tenter une guérison et la certitude froide que cela est impossible © Matricule des Anges, Thierry Guichard